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10/08/12 11:20 La valeur du jour à Paris - SG : cession de TCW appréciée

(AOF) - Société Générale (+0,58% à 19,98 euros) connaît l'une des rares progressions de l'indice CAC 40 au lendemain de la cession du gestionnaire d'actifs américain TCW à la société de capital investissement Carlyle et aux salariés. Cette vente est la première d'un programme de cessions qui doit permettre à la banque d'améliorer son ratio de fonds propres durs (core tier 1) selon la réglementation Bâle 3 de 50 à 100 points de base. Cette transaction, dont la finalisation est attendue au premier trimestre 2013, lui permettra d'augmenter ce ratio de 13 points de base.
Ce programme entre dans le plan de transformation de Société Générale, qui « vise à concentrer ses ressources sur ses activités coeur et simplifier son dispositif ».
Ce plan doit lui permettre d'atteindre son objectif d'un ratio core tier 1 Bâle 3 compris entre 9 et 9,5% à fin 2013 sans augmentation de capital. A l'occasion de la publication de ses résultats début août, la banque s'est déclarée confiante dans sa capacité à y parvenir.
La vente de TCW est un nouveau pas dans cette direction. Ce qui, selon les analystes, devrait rassurer les investisseurs qui étaient encore mal à l'aise avec les ratios de solvabilité de la banque.
Société Générale n'a pas les conditions financières de cette transaction. ING estime qu'elle valorise le gestionnaire d'actifs à 630 millions d'euros, soit 599 millions d'euros pour ses 95,4%. La banque avait déprécié sa participation à hauteur à hauteur de 200 millions d'euros au deuxième trimestre.
Dans le détail, Carlyle détiendra 60% du capital de TCW et les employés le solde. TCW est un acteur de premier plan de la gestion d'actifs aux Etats-Unis avec environ 130 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points faibles de la valeur
- La valeur reste des plus volatiles en Bourse à l'image de l'ensemble du secteur financier. Les craintes sur la dette souveraine en zone euro ne sont pas encore levées ;
- La banque pâtit également d'une image ternie par l'affaire Kerviel, les stock-options qui devaient être initialement attribuées à ses dirigeants en pleine crise et les pertes divulguées en gestion d'actifs ;
- Regagner la confiance des investisseurs prend du temps. La banque doit aussi réussir à convaincre du réalisme du plan stratégique « Ambition SG 2015 » dans un contexte économique toujours difficile ;
- L'environnement de taux bas pèse sur les activités de banque de détail, plus précisément sur les marges sur dépôts ;
- L'effort d'adaptation, en termes de réduction de la taille des bilans et de moindre dépendance aux marchés de capitaux (deleveraging), est très brutal pour les banques. La SG n'a pas versé de dividende en 2011 ;
- Le débat sur le rôle du modèle de la banque universelle dans la crise actuelle pèse sur l'ensemble du secteur.

Comment suivre la valeur
- Les valeurs bancaires sont considérées comme des titres « value » depuis les effets de la crise financière ;
- Les deux opérations de LTRO à 3 ans initiées par la BCE (fin décembre 2011 et fin février 2012) ont diminué fortement le niveau de crainte sur le secteur bancaire ;
- La Société Générale s'efforce de convaincre le marché de sa capacité à tourner la page de la crise financière et celle de l'affaire Kerviel ;
- Le retour sur fonds propres (ROE), qui mesure la rentabilité des banques, est l'un des ratios clé du secteur ;
- En tant que valeur financière le titre est influencé par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt dont l'évolution dépend des politiques monétaires (notamment des banques centrales européenne et américaine), (ii) l'état des Bourses mondiales qui influencera ses activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages qui influeront sur les performances de la banque de détail ;
- Le coût du risque reste à surveiller ;
- Surveiller également la mise en place du dispositif de « Bâle III » qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises. Le Comité exige que les établissements financiers affichent d'ici au 1er janvier 2019 un ratio de solvabilité Tier 1 (le noyau dur des capitaux propres des institutions financières) d'au moins 4,5%, contre 2% jusque-là. Un matelas supplémentaire de 2,5% est également exigé. Ce qui porte le pourcentage total à 7%.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Banques
La crise de la dette fait peser une vraie menace sur le secteur bancaire. 2012 est une année marquée par le renforcement de la réglementation et les incertitudes conjoncturelles. L'agence de notation Moody's a annoncé qu'elle pourrait abaisser les notes de dix-sept grandes banques internationales et de cent-quatorze institutions financières européennes, pour tenir compte de l'impact de la crise de la dette souveraine sur le système financier. Ce sont les établissements actifs sur les activités de marché qui sont les premiers concernés par ces dégradations, du fait notamment de conditions de financement plus difficiles. Neuf banques visées par ces dégradations sont européennes, car elles ont été particulièrement touchées par la crise de la zone euro. Si les notes de BNP Paribas, Crédit Agricole, Deutsche Bank, HSBC et Barclays pourraient être révisées de deux crans, celles de Credit Suisse, UBS et Morgan Stanley pourraient même être abaissées de trois degrés.


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